Clara tenait la lettre comme si elle allait se briser entre ses mains.
Le papier était fragile, l’encre délavée par le temps, et pourtant les mots conservaient une force tranquille, comme s’ils avaient été écrits non seulement pour le passé, mais pour elle… pour cet instant précis. C’était presque incroyable, comme si quelqu’un, des décennies auparavant, avait su qu’une autre femme se trouverait un jour à sa place.
« À celle ou celui qui trouvera ceci… » commençait la lettre.
Ce n’était pas un simple mot.
C’était un adieu.
Une confession.
Un ultime acte d’amour.
La femme qui avait écrit ces mots parlait d’une perte jamais vraiment guérie, de longues nuits passées à attendre des pas qui ne sont jamais revenus. Elle parlait de ses enfants, de l’espoir qu’elle avait gardé de les revoir un jour. Et elle expliquait le petit trésor qu’elle avait caché, non par cupidité, mais par protection… par peur… par amour.
« Si mes enfants reviennent… ceci leur appartient.
Et s’ils ne reviennent pas… puisse celui ou celle qui le trouvera en faire bon usage. »
La vue de Clara se brouilla de larmes.
Elle comprenait cette solitude.
Elle était veuve, elle aussi.
Une autre femme abandonnée.